Situation géographique

Le PETR du Pays d’Epernay Terres de Champagne se situe dans la Marne (51), en région Grand-Est. À 30 kilomètres au Sud de Reims, il fait l’interface entre l’Ile-de-France et l’Est du territoire national.

 

En quelques chiffres c’est…

 

  • 1350 km²
  • 114 communes dont 80% ont moins de 500 habitants
  • 3 intercommunalités : Epernay Agglo Champagne, les communautés de communes de la Grande Vallée de la Marne et des Paysages de la Champagne
  • 84 700 habitants
  • 37 300 emplois
  • Villes principales : Epernay, Aÿ-Champagne, Dormans et Blancs-Coteaux
  • A 1h20 à l’est de Paris en TER

Histoire et identité

C’est de par son histoire et le fait que le Marne est été le lieu de nombreuses guerres que le Champagne « célèbre et réconcilie ».

Sur notre territoire, les premières traces des hommes remontent au Paléolithique. Au Néolithique, après avoir quitté les cavernes, ils s’installent dans des maisons de pierre et de bois dont il reste peu de vestiges. Cependant, leurs cimetières sont eux bien là. En effet, plusieurs « hypogées » et sépultures collectives datant de 3500 av. JC ont été découvertes et à ce titre, les Marais de Saint Gond sont un site de fouille unique en Europe. Prêts de 120 hypogées sur les 150 que compte au total le département de la Marne y sont présents.

Bien plus tard, les Romains envahissent le territoire et s’installent autour de « Durocortorum » (Reims). Cette cité est alors un important nœud de communication autour duquel des villes secondaires émergent telles que Damery, Chatillon-sur-Marne et Tours-sur-Marne. Elles se développent sur la voie latérale à la Marne, où se tenait les gués et passages pour traverser la Marne.

Notre territoire comptent de nombreuses d’églises romanes et d’abbayes, marques de l’époque Médiévale. C’est époque marque également le début de l’histoire du Champagne. Au départ, le vignoble relève du clergé qui possède et cultive la vigne. Rapidement, grâce aux sacres des rois de France à Reims et aux foires de Champagne, le vin de la région s’exporte et se fait connaître dans tout le royaume et en Europe. Jusqu’au XVème siècle, ce vin est encore tranquille mais il est déjà un produit de luxe. L’essentiel de la production est alors tourné vers le vin rouge, appelé « clairets ». Puis les Champenois commencent à produire des vins blancs à partir de raisins de noirs appelé « vin de Champagne » qui feront la renommée de la région et notamment de l’abbaye d’Hautvillers.

Au XIVème siècle éclate la guerre de Cent Ans, le territoire est successivement ravagé par les Anglais, Navarrais et Bourguignons. Une période de trouble s’en suit : les guerres de Religion, les révoltes nobiliaires, les guerres de Louis XIV. Le calme revient vers le milieu du XVIIème siècle. Dom Pérignon commence alors à assembler les vins pour accroître la qualité et les Champenois expérimentent.

Avec l’essor du Champagne, c’est toute la Champagne qui est en effervescence et le XIXè siècle marque le développement massif de la filière. La commercialisation voit apparaître de grands noms aujourd’hui connus dans le monde entier : Moët, Ruinart, Deutz, Mumm, Bollinger…

En 1814, Napoléon affronte une coalition d’Etats décidés à en finir avec celui qui bouleverse l’Europe depuis déjà 20 ans. Les ennemis déferlent sur l’Est de la France et les armées impériales sont victorieuses, notamment à Champaubert le 10 février et Montmirail, le 11. La liesse et la fête sont à l’honneur et les caves grandes ouvertes. Cependant, quelques mois plus tard, la défaite de Fère-Champenoise, le 25 mars signera la chute de l’empire.

Peu après, à la fin du XIXè siècle, le phylloxéra fait son apparition et ravage le vignoble. La Champagne s’organise avec la création de l’Association Viticole Champenoise (AVC) qui fait arracher les vignes malades et reconstitue le vignoble. L’Ecole pratique de la viticulture installée par Moët et Chandon au Fort Chabrol à Epernay (UNESCO) enseigne les techniques de greffage pour la production de nouveaux plants résistants. Mais en 1910 la récolte est catastrophique, devant les fraudes de certains négociants qui importent des vins d’autres régions pour les commercialiser sous le nom de Champagne, les viticulteurs s’organisent et des révoltes éclatent. Les 11, 12 et 13 avril 1911 les maisons de négociants sont brulées. Le gouvernement réagit et envoie les troupes, 40 000 soldats sont déployés et occupent la Champagne. La Champagne résiste et de cette révolte nait le Mouvement Coopératif Champenois et les coopératives, mode d’organisation inédit alors jusque là.

En juillet 1914, la guerre est déclarée. Les armées françaises reculent depuis plus d’un mois, la ville d’Epernay tombe et se trouve occupée. Le général Joffre organise la contre-offensive sur une ligne de front de 200 km. Les français l’emportent mais le territoire de la Marne est dévasté et fait l’objet d’affrontements jusqu’en 1918. Le Mémorial national des batailles de la Marne est édifié à Dormans en souvenir de violents affrontements qui ont eu lieu. La vie reprend doucement son cours.

En 1927 et 1935 le Champagne devient une appellation d’origine contrôlée (AOC) et ne peut désormais se faire qu’en Champagne. En 1940, la deuxième guerre mondiale explose. Cette fois-ci moins de dégâts mais une occupation qui durera jusqu’au 28 aout 1944, jour de la libération d’Epernay.

Depuis une période de paix s’en est suivie jusqu’à nos jour. Les productions viticoles garantissent la prospérité du Pays d’Epernay, lui assurant une renommée mondiale au travers de ses vignobles les plus connus – la Côte des Blancs et la Vallée de la Marne – et de sa capitale du Champagne, Epernay.

Mais alors à quand remonte la bulle ?

 

L’effervescence des vins est un phénomène naturel, observé dès l’Antiquité. Mais ceux de Champagne se distinguent. A l’époque, l’assemblage des vins est aléatoire, puisque les raisins proviennent des impôts payés au clergé et les parcelles sont coplantées de plusieurs cépages. La cause : la situation septentrionale du vignoble, son climat continental et à la mise en bouteille qui intervient à la fin du XVI. Les vins étaient jusque-là laissés en tonneaux. Devant le succès du « vin du diable » les Champenois vont tenter de comprendre, provoquer et maîtriser l’effervescence donnant naissance au Champagne tel qu’on le connait désormais.

Le cadre de vie, habiter le Pays d’Epernay

Marqué par une réelle cohésion géographique, économique, sociale et culturelle, autour du Champagne notamment, le Pays représente le grand bassin sparnacien « tel qu’il est vécu par ses habitants » en termes d’habitat, d’emplois, de déplacements, d’achats ou loisirs…

Organisation du territoire

 

Au cœur d’agglomérations – Reims au Nord, Châlons-en-Champagne à l’Est, Troyes au Sud et Château-Thierry à l’Ouest – c’est un territoire à dominante rurale. Il s’organise autour du pôle urbain d’Epernay qui abrite 35% de la population du territoire et de deux pôles secondaires – Dormans et Blancs-Coteaux (anciennement Vertus). Seul Epernay compte plus 20 000 habitants, vient ensuite Aÿ-Champagne avec plus de 5 000 habitants puis Dormans et Blancs-Coteaux avec environ 3 000 habitants.

Sur notre territoire la population, les activités et services se concentrent sur l’axe central de la Vallée de la Marne, qui épouse les voies de communication (la RD3 et la ligne ferroviaire des TER). C’est le long de cet axe que l’on trouve Epernay, Aÿ-Champagne et Dormans. Blancs-Coteaux, le 3ème pôle rural, fait exception et anime le sud de la région viticole de la Côte des Blancs, qui se déploie selon une direction nord-sud sur la rive gauche de la Marne.

Sur les 114 communes du territoire, seules 11 sont dépourvues de commerces et services. Il existe un corollaire entre le nombre d’équipements et le poids démographique de chaque commune. Ainsi les communes les mieux équipées sont également les plus peuplées car elles représentent un nombre de clients ou usagers potentiels suffisant. Les 13 pôles de proximité comptent donc tous plus de 900 habitants. L’adéquation entre répartition de la population et répartition des commerces et services de proximité, permet à 90 % des habitants d’accéder en moins de 5 minutes en moyenne par la route à l’ensemble des équipements de la gamme de proximité. Cette bonne accessibilité s’explique à la fois par le maillage dense du Pays en pôles de proximité et par la présence de pôles situés en dehors territoire mais à proximité immédiate. Pour les équipements les plus rares, moins fréquemment utilisés et qui nécessitent une zone de chalandise étendue, Épernay assure les fonctions de pôle de centralité.

Environnement économique

 

L’économie du territoire est essentiellement tournée vers l’extérieur du fait de la notoriété du Champagne. En effet, le poids de la viticulture et de la filière champagne ont une forte influence sur la structure de l’emploi. L’agriculture représente 21,5% de l’emploi, un chiffre très nettement au-dessus de la moyenne nationale qui est de 2,1% et 78% des exploitations agricoles sont viticoles montrant bien la spécialisation du territoire. Cela s’explique en partie par le fait que les exploitations viticoles de Champagne recourent à davantage de main d’œuvre du fait de modes de production spécifique de la filière Champagne (ex : vendage manuelle…).

L’industrie occupe aussi une place importante – 21,5% de l’emploi salarié en 2014, contre seulement 13,3% au niveau national – notamment grâce à l’industrie de la boisson représentée par les grandes maisons de Champagne parmi lesquelles Moët et Chandon, 2ème employeur régionale du territoire.

Le PETR du Pays d’Epernay est donc un territoire productif à forte valeur ajoutée. L’agriculture y occupe une place prépondérante tant par l’activité qu’elle génère que par les espaces qu’elle couvre.

Paysages

Au cœur du vignoble champenois, le Pays d’Épernay se compose de diverses entités paysagères.

La vigne occupe 11% du territoire et s’épanouit sur plusieurs grandes zones viticoles de l’AOC avec de prestigieux terroirs tels que la Montagne de Reims, la Vallée de la Marne et la Côte des Blancs dont est issu le Champagne.  Au total, le territoire compte pour environ 85 % de la surface plantée de l’AOC Champagne dans la Marne, et 55% de la totalité du vignoble champenois. Ainsi la quasi-totalité des surfaces de vignes bénéficie d’une AOC et AOP. La vigne est donc l’identité forte du Pays d’Epernay, Terres de Champagne, mais pas seulement…

La forêt occupe 28,3% de l’espace et toute la partie nord du territoire est couverte par le Parc Naturel Régional de la Montagne de Reims qui a pour vocation de valoriser et préserver ce milieu caractéristique. Plus à l’est, le territoire s’ouvre sur les grandes plaines céréalières de la Champagne et les grandes cultures.

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